Article Presse (RL) : « Le Forbachois Nuno Tabone livre son cœur de rappeur »

Il aura fallu près de dix ans pour que David Tabone, le conseiller d’assurance, laisse renaître « Nuno » le rappeur. Le Forbachois de 33 ans vient de sortir son premier album, Etats d’âme. Un beau bébé de dix titres.

David « Nuno » Tabone vient de sortir son premier album, intitulé Etats d’âme. Un projet qui mûrit depuis plus de dix ans, mais qui s’est concrétisé notamment sous la « pression » des amis du rappeur forbachois.

La jeunesse

« J’ai commencé par faire de la musique à 5 ans et jusqu’à l’âge de 16 ans, je voulais devenir professeur de musique », confie David. Petit à petit, c’est l’envie d’écrire qui prend le dessus. « Je griffonnais des textes dans ma chambre, plutôt de la poésie. » Nous sommes au milieu des années 90, période « où le rock était plutôt décadent et la variété particulièrement pauvre… »

Pour mettre ses mots en musique, il se tourne alors vers le rap. « C’était ce qui me paraissait le plus logique, le plus efficace. » Avec quelques amis, ils sortent un titre qu’ils lancent sur la plateforme Vitaminic. « Nous avons été 1er téléchargement de France pendant plusieurs semaines… »

En 2010, Nuno sort un clip, puis disparaît de la scène. « Je voulais travailler, fonder une famille… » David est conseiller en assurance et père d’une petite Olianna, aujourd’hui âgée de 7 ans.

La genèse

David reste pourtant connecté avec ses amis, qui le poussent à se lancer, à 33 ans, et réaliser enfin un album. « J’ai retrouvé aussi Frédéric Amella », président de l’association CLéA, de Stiring-Wendel. « On s’était croisé dans les années 90, lorsque Fred produisait des jeunes artistes. On s’est retrouvé autour de cette passion qu’est la musique, le rap. »

David avoue n’avoir jamais cessé d’écrire, de coucher sur le papier ses humeurs. Potentiellement, la matière était là, mais il manquait peut-être une motivation supplémentaire… « Je n’ai jamais eu besoin de me mettre en avant », mais d’un autre côté, il y avait toujours cette petite flamme, qui n’a fait que grandir avec une « frustration ». « Autour de moi, il y a beaucoup de talents, notamment des beatmakers comme Sympli ou T-Rex, qui ont participé à l’album… » David voulait qu’ils puissent par le biais de son album se faire connaître. Il a donc créé un label, 9e sens, avec le soutien de CléA (lire par ailleurs).

David cède alors la place à « Nuno » et se met au travail pour écrire de nouveaux textes, en lien avec ses amis compositeurs, mais également avec « Gio ». « Il a travaillé avec de grands noms du rap et a réussi à donner de la couleur à nos sons. » L’équipe se tourne vers l’association FAR, de Farébersviller, et son studio pro, 45zéro Prod.

L’aboutissement

Le résultat est surprenant pour un premier album. La poésie est toujours là, bien présente, avec des textes ciselés, profonds, où le rappeur se « met à nu », avec un juste mélange de force et de pudeur. Etats d’âme , c’est un album rap que l’on doit « écouter », au sens propre, pour les paroles, et pour la musique, très importante et qui met en avant le talent des beatmakers. Mais aussi pour la variété des styles, passant du freestyle et un titre éponyme, dans la tradition, à des morceaux où les textes restent forts, mais avec « des refrains plus « légers », entraînants, et d’autres plus « clubs » », comme Mes proches. Nuno a même testé le « cloud rap, un style dans lequel on ne m’attend pas forcément », mais qu’il reprend à sa « sauce rital », et toujours « avec du fond ». Et il y a ce titre, dédié à sa fille, intitulé Dolce amore mio. « Elle ne savait pas que je faisais de la musique… », confie Nuno. Il a donc tenu à lui faire cette double surprise.

L’album est abouti et rencontre déjà un franc succès. « Nous avons beaucoup de retours positifs, et l’on commence à parler de l’album, mais aussi du label. C’est ça l’essentiel ! ».

 

David « Nuno » Tabone (à droite sur la photo) a sorti son premier album, et a créé avec Frédéric Amella, de l’association CLéA, un label, 9e sens, pour accompagner les jeunes artistes. Photo Marion BOUR.

9e sens, promoteurs de talent

S’il devait faire un album, David Tabone ne voulait pas faire les choses à moitié, obtenir un résultat « professionnel ». Une réussite, de toute évidence. Mais il voulait aussi faire plus généralement la promotion des talents de la région. D’où l’idée de créer un label, Neuvième Sens, en s’associant avec un homme de métier, Frédéric Amella, président de l’association CLéA.

Ensemble, ils ont créé une dynamique et montrent clairement leurs capacités, en ayant réalisé l’album, puis en lançant sa promotion. Avec un clip diffusé sur internet en novembre (Halloween), la sortie de l’album CD en janvier, puis sur toutes les plateformes musicales du net… « Il y a un côté vintage dans le CD, qui ressemble à un vinyl, et à côté, sur la pochette, on trouve un QR code, moderne », qui donne droit à des bonus. Une stratégie « commerciale » digne des professionnels.

La team fait ses preuves et veut maintenant que cet album puisse servir de tremplin, notamment pour les beatmakers Sympli ou T-Rex, mais aussi à d’autres artistes. « Plusieurs artistes ont déjà rejoint le label », lance David. Qui a le sens de la musique, et aussi des affaires.

Renseignements : www.9sensprod.com et sur la page Facebook du label.

Par Michel LEVILLAIN,
source : Républicain Lorrain du 04/02/2018
http://c.republicain-lorrain.fr/edition-de-forbach/2018/02/03/le-forbachois-nuno-tabone-livre-son-coeur-de-rappeur